Quels indicateurs pour évaluer le Digital Learning ?

22/02/2016
Quels indicateurs pour évaluer le Digital Learning ?

 

L’évaluation de la formation est un élément clé pour de nombreux départements formation, avec la forte diffusion du Digital Learning de nouveaux indicateurs sont à considérer. Quels sont les indicateurs à mettre en place pour évaluer l’efficacité des formations dans votre entreprises ?

L’évaluation de la formation est un élément clé pour de nombreux départements formation. Le modèle de Kirkpatrick (Réaction ; Apprentissage ; Comportement ; Résultats) créé en 1959 par Donald Kirkpatrick a permis pendant de nombreuses années de jauger la pertinence des formations reçues par les salariés. Depuis quelques années, le Digital Learning bouleverse l’univers de la formation et de nouveaux indicateurs sont à considérer. 

La mise en place d’indicateurs standards répondant aux besoins d’évaluation des responsables formation est devenue une priorité pour de nombreuses entreprises. En effet, la réforme de la formation professionnelle conduit les entreprises à considérer la formation comme un investissement et non plus comme une dépense réglementaire. Par ailleurs, le Digital Learning offre la possibilité d’instaurer des critères quantitatifs mais aussi qualitatifs. L’analyse des données recueillies au cours et à la fin du processus d’apprentissage permet au département formation de connaitre les scores de chaque apprenant ainsi que sa satisfaction vis-à-vis de la formation qu’il vient de recevoir.

Au cours de l’année 2015, le cabinet Féfaur a réalisé le « Benchmark Européen du Digital Learning » auprès de 114 entreprises (parmi le top 1 000) dans 7 pays européens. Cette étude met en avant quelques indicateurs sélectionnés par ces entreprises pour évaluer la performance des formations réalisées sous le format « Digital Learning » :

  • Taux de complétion
    Près d’une entreprise sur deux utilise ce critère pour déterminer si le salarié a fini ou non son programme de formation (49% en 2015).
  • Temps passé à se former par les apprenants
    Un peu plus de 44% des entreprises au cours de l’étude accordent de l’importance au temps passé par chaque apprenant pour se former. Ce critère a tendance à baisser au fil des années (-5% par rapport à 2011).
  • Enquête de satisfaction auprès des apprenants
    Les enquêtes institutionnelles de satisfaction envoyées par mail à posteriori des formations ont tendance à diminuer au profit des évaluations à chaud réalisées en temps réel dans les LMS. (42% en 2015 versus 60% en 2011).
  • Scores obtenus
    38% des entreprises interogées au cours de l’étude 2015 intègrent les résultats obtenus par les salariés lors de leur formation pour évaluer l’efficacité de cette dernière.
  • Taux de connexion
    Pour les formations en ligne au travers d’une plateforme LMS, il est possible de recueillir le taux de connexion des salariés à la plateforme de formation. Plus d’un tiers des entreprises ont recours à cet indicateur (34%).
  • Gain de compétences
    Le transfert de l’apprentissage suite à la formation et son impact à moyen terme sur l’activités du salarié sont essentiels pour 25% des entreprises interrogées.
  • Délai entre l’expression du besoin et la réponses apportée
    Seulement 9% des entreprises mesurent la qualité de réactivité du service formation entre l’expression du besoin et la mise en place d’un parcours de formation. Le Digital Learning contribue largement à cette réactivité, le salarié peut sélectionner des modules d’apprentissage qui correspondent à ses besoins et ainsi bénéficier d’une formation personnalisée. 

 

Sans surprise, les indicateurs les plus utilisés par les entreprises restent les traditionnels « Taux de complétion » et « Temps passé à se former ».

Deux réflexions sur l’évolution nécessaire de ces indicateurs :
Dans un contexte économique tendu, les compétences évoluent rapidement, l’alignement et la pertinence du catalogue de formation en réponse aux besoins des salariés sont une clef de réussite majeur devant allier pro-activité et efficacité. Il est donc nécessaire que le responsable formation mesure la pertinence de son dispositif.

Dans le cadre de la transformation digitale des entreprises, la part des outils digitaux dans la formation a fortement augmenté. Par exemple l’accès aux formations en libre-service, aux Mooc, libère les modalités d’apprentissage et bouleverse les mesures d’évaluation. Il est nécessaire de libérer l’offre et la demande pour que le dispositif de formation propose à la fois les bonnes formations sous le bon format pour satisfaire notamment les générations Y ou Z, en attente d’outils plus ludiques et plus interactifs. Dans ce sens des indicateurs comme le taux de recommandation d’une formation sont primordiaux.

Par ailleurs, depuis la réforme de la formation de 2014, les entreprises ne veulent plus considérer la formation comme une simple dépense réglementaire. Elle doit devenir un investissement du quotidien pour permettre à chaque salarié d’acquérir de nouvelles compétences. Cet investissement doit en plus se faire sur des formats innovants car l’exigence des salariés vis-à-vis de la formation évolue.